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L’électrique peine encore à convaincre les acheteurs européens

Jean-Marc Gervasio

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L’électrique peine encore à convaincre les acheteurs européens

L'enquête réalisée pour CLEPA laisse clairement apparaitre que les européens défendent une transition automobile multitechnologique et non le tout-électrique qui suscite encore des réserves dans plusieurs pays du vieux continent.

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Une enquête réalisée par YouGov pour l’association européenne des équipementiers CLEPA met en évidence les réticences persistantes des Européens face à une transition automobile exclusivement centrée sur le véhicule électrique à batterie. Le coût des modèles, le déploiement des bornes et le prix de l’énergie restent les principaux obstacles identifiés.

À l’approche du réexamen des normes européennes d’émissions de CO? applicables aux voitures particulières et aux véhicules utilitaires légers, CLEPA entend replacer les attentes des automobilistes dans le débat. L’association européenne des équipementiers automobiles publie les résultats d’une enquête menée par YouGov dans cinq pays représentant, selon elle, plus de 70 % du marché automobile de l’Union européenne : la France, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et la Pologne.
Réalisée en ligne du 7 au 16 juillet 2026 auprès de 5 221 adultes, cette étude fait apparaître une préférence pour une transition reposant sur plusieurs technologies. En moyenne, 47 % des personnes interrogées se déclarent favorables à des mesures incitant à choisir des véhicules à faibles ou nulles émissions plutôt qu’à l’interdiction de certaines motorisations. À l’inverse, 17 % soutiennent le principe d’une interdiction technologique. Par ailleurs, 22 % estiment que l’Union européenne ne devrait pas intervenir sur le marché automobile.

Une intention d’achat limitée pour le tout-électrique

La voiture électrique à batterie demeure encore minoritaire dans les projets d’achat exprimés. Seuls 8 % des répondants envisagent d’en faire leur prochain véhicule, en moyenne sur les cinq marchés étudiés. Les modèles hybrides obtiennent de meilleures intentions d’achat dans presque tous les pays concernés. L’Allemagne constitue l’exception relevée par l’enquête. L’intention d’achat d’un véhicule électrique à batterie y atteint 14 %, contre 13 % pour un modèle hybride. Ces résultats montrent que la perception de l’électrification et son niveau d’acceptation restent variables selon les marchés nationaux. Ils doivent cependant être interprétés avec précaution. L’étude porte sur l’ensemble de la population adulte, et pas uniquement sur les personnes prévoyant effectivement de remplacer leur voiture à court terme. Certaines questions autorisaient également plusieurs réponses. L’enquête mesure donc avant tout des intentions et des perceptions, qui ne préjugent pas directement des futurs volumes d’immatriculations.

Des pays jugés insuffisamment préparés

Au-delà du choix des motorisations, l’étude souligne un doute plus général sur la capacité des différents pays à accompagner une électrification complète du parc. Si 68 % des répondants ne se considèrent pas personnellement prêts pour cette évolution, 75 % jugent leur pays insuffisamment préparé. Les deux premiers freins cités sont le manque d’infrastructures de recharge et le prix des véhicules, chacun mentionné par 46 % des personnes interrogées. Le coût de l’énergie arrive ensuite, avec 37 % des réponses. Ces préoccupations rejoignent plusieurs enjeux déjà identifiés pour accélérer la diffusion de l’électrique : accessibilité économique des véhicules, disponibilité des bornes et maîtrise du coût d’usage.
Pour les professionnels de l’après-vente, une transition plus progressive prolongerait la coexistence de motorisations thermiques, hybrides et électriques dans les ateliers. Elle imposerait parallèlement de maintenir les compétences et les équipements nécessaires à l’entretien d’un parc toujours plus diversifié.

CLEPA défend une approche multitechnologique

Commanditaire de l’enquête, CLEPA interprète ces résultats comme le signe d’un décalage entre les orientations réglementaires européennes et les attentes d’une partie des citoyens. Son secrétaire général, Benjamin Krieger, appelle à préserver un éventail de solutions comprenant l’électrique, les motorisations hybrides et les carburants alternatifs. Cette lecture s’inscrit dans la position défendue par l’association, qui représente plus de 3 000 équipementiers automobiles. Elle plaide pour davantage de flexibilité technologique lors de la révision des normes européennes de CO2. Le sondage ne remet toutefois pas en cause l’objectif de réduction des émissions : il montre surtout qu’une large part des personnes interrogées privilégie les dispositifs d’accompagnement et les incitations économiques aux interdictions réglementaires.

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