
L'usine Stellantis de Saragosse en Espagne.
© Stellantis
400 personnes ont ainsi recrutées à l’usine de Saragosse (Figueruelas). Pour produire le Leapmotor B10, dont les premiers exemplaires « espagnols » seront livrés avant la fin de l’année. Par ailleurs, la production de batteries sur ce même site avec CATL débutera dans les premiers mois de 2027.
Stellantis recrute… en Espagne pour produire des Leapmotor chinoises. 400 personnes ont ainsi été recrutées à l’usine de Saragosse (Figueruelas) qui redémarre sa production automobile après l’arrêt estival, selon les syndicats. « Ces derniers jours, une formation a été dispensée à ces nouveaux travailleurs (…) en vue de la mise en œuvre de ce nouveau modèle », précise Rubén Alonso, président du comité d'entreprise. Il s’agit de contrats à durée déterminée. Jusqu’à 500 embauches sont prévues pour un site qui emploie près de 5 000 personnes. Et ce, en vue de la fabrication du SUV chinois B 10 électrique et de sa déclinaison à prolongateur d’autonomie.
La production de ce véhicule - qui est déjà l’électrique le plus vendu en Espagne (juillet) - dans l’ex-usine GM démarrera à l’automne prochain. Pour des premiers exemplaires livrables fin 2026. Un dérivé de ce modèle pour Opel est également prévu en 2028. Ce site inauguré en 1982 avait été créé pour produire des Opel Corsa, du temps où la marque allemande appartenait au géant américain. L’usine fabrique aujourd’hui des Peugeot 208, Lancia Ypsilon et… Opel Corsa.
500 personnes pour les batteries
Par ailleurs, 500 personnes travaillaient fin juillet à la construction de l’usine voisine de batteries sous la houlette du premier fabricant chinois et mondial de batteries CATL. Le site de batteries de Saragosse emploiera jusqu’à 1 700 employés… venus de Chine durant la phase de construction, révélait fin juillet le président de la région espagnole d’Aragon, Jorge Azcon, lors d’une conférence de presse. 4 000 salariés locaux seront ensuite formés pour assurer le fonctionnement de l'usine, une fois celle-ci à pleine capacité, a ajouté Jorge Azcon.
La production de batteries, initialement prévue pour fin 2026, débutera au cours des premiers mois de 2027. Le site vise un million de batteries par an en pleine cadence. Moyennant… le rejet de déchets toxiques jusqu’à 111 067 tonnes par an selon l'Institut aragonais de gestion de l’environnement (INAGA) ! Ceux-ci seront traités dans une installation spécifique à proximité.
Accords passés par Tavares en 2023
L’avenir du site de Saragosse (Figueruelas) passe donc en grande partie par des alliances chinoises. Tout comme celui de Madrid (Villaverde), qui fabriquera également des Leapmotor à partir de 2028. Pour relayer la fin de la fabrication annoncée de la Citroën C4. Carlos Tavares, ex-directeur général de Stellantis, avait en octobre 2023 signé un accord avec Leapmotor, alors petit spécialiste des véhicules électriques. Aux termes duquel Stellantis détient 21% aujourd’hui de la firme chinoise, une participation au même niveau que celle de son fondateur et actuel PDG Jiangming Zhu. Pour un investissement de 1,5 milliard d’euros.
Puis, en mai 2024, le directeur général du Franco-italo-américain avait créé une société commune, contrôlée à 51%, baptisée Leapmotor International et spécialisée dans la production et les ventes de Leapmotor hors de Chine. Leapmotor est d’ailleurs en forte progression. Il a livré 560 883 véhicules au cours des huit premiers mois de 2026 (+70%). La marque chinoise a carrément quintuplé ses ventes en Europe au premier semestre (à 60 000 unités, dont 3 365 immatriculées en France).
Carlos Tavares avait par ailleurs signé une lettre d’intention fin 2023 avec CATL, pour former une co-entreprise à 50-50 en Espagne dans les batteries moins chères LFP (lithium-fer-phosphate). La société commune, baptisée Contemporary Star Energy (CSE), est dirigée par un PDG chinois, Andy Wu. Investissement annoncé : 4,1 milliards d’euros, dont 10% de financements publics espagnols.
Société commune avec Dongfeng
Les sites espagnols ne sont les seuls du groupe à être ouverts aux Chinois. Antonio Filosa, successeur de Carlos Tavares à la tête de Stellantis, a en effet acté fin mai 2026 la création d’une autre co-entreprise, avec Dongfeng cette fois, spécialisée dans les ventes et la production en Europe des modèles du groupe d’Etat chinois. Cet accord ouvre les portes de l’usine française de Rennes-La Janais, également en sous-charge structurelle. Loin de sa splendeur passée, le site ne produit aujourd’hui que le SUV Citroën C5 Aircross. 64 700 unités à peine ont été fabriquées l’an passé. Insuffisant pour assurer l’avenir d’un site jadis programmé pour 400 000 véhicules par an ! D’où le besoin, là aussi, de compléter la production par des véhicules chinois…
Situé à Wuhan (centre de la Chine), Dongfeng est une vieille connaissance de PSA puis de Stellantis. Entré au capital de PSA après la quasi-faillite de ce dernier en 2013, Dongfeng détient d’ailleurs toujours 1,6% du capital du groupe franco-italo-américain, aux côtés de la holding de la famille Agnelli Exor (14,9%), de Peugeot Invest (7,4%), de Bpifrance (6,4%). Dongfeng et PSA avaient collaboré plus de trente ans en Chine dans la production et la commercialisation de modèles Citroën ainsi que, dans un deuxième temps, de Peugeot. Jadis le plus anti-chinois des constructeurs européens, Stellantis n’hésite pas aujourd’hui à s’appuyer sur la… Chine !





