Transport routier : activité en recul et 1 700 entreprises défaillantes sur douze mois

Fabio CROCCO

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Transport routier : activité en recul et 1 700 entreprises défaillantes sur douze mois

La résistance des entreprises françaises commence à montrer ses limites. Dans son dernier point de conjoncture, BPCE L’Observatoire indique que le transport routier de marchandises fait partie des secteurs particulièrement exposés, avec une activité en recul et des coûts qui continuent de peser sur les exploitants.

La photographie dressée par BPCE L’Observatoire est contrastée. D'un côté, le tissu entrepreneurial français continue de se renouveler, de l'autre, les conditions économiques dans lesquelles évoluent ces entreprises deviennent sensiblement moins favorables. Près de 70 000 défaillances ont été enregistrées entre septembre 2025 et août 2026, soit une hausse de 2 % sur un an. Pour cette année, 71 000 défaillances sont désormais attendues, contre 69 000 anticipées en février et 68 900 constatées en 2025.

Le premier facteur de fragilisation vient du ralentissement de l'économie française. BPCE souligne la faiblesse persistante de la demande . La dégradation ne se lit pas seulement dans l'activité. Elle apparaît également dans les comptes des entreprises. Leur taux de marge est redescendu. Dans le même temps, leur taux d'investissement reste élevé. L'effort d'investissement est de plus en plus difficile à autofinancer et pèse sur les trésoreries. Pour maintenir cet effort, les entreprises recommencent à solliciter davantage les banques. Cette dépendance accrue au crédit intervient au moment où son coût pourrait repartir à la hausse.

Transport routier : activité en baisse et trésoreries plus fragiles

Dans ce paysage, le transport routier de marchandises fait partie, avec l'immobilier et le commerce, des secteurs identifiés par BPCE comme particulièrement affectés par la conjoncture actuelle.

La première difficulté vient du manque d'activité. Selon les données du SDES reprises par BPCE, l'activité du transport routier de marchandises, mesurée en tonnes-kilomètres, reculait de 1 % au premier trimestre 2026 par rapport au même trimestre de 2025.

À cette faiblesse des volumes s'ajoute la progression des charges. BPCE relève une hausse du carburant, certes en partie répercutée grâce au mécanisme d'indexation, mais également une augmentation des autres postes, notamment la maintenance, la réparation et le personnel de conduite. Pour les entreprises disposant d'un pouvoir de négociation limité face à leurs donneurs d'ordre, répercuter l'intégralité de ces augmentations dans les prix de transport reste difficile.

Le résultat apparaît dans les trésoreries. Au deuxième trimestre 2026, 50 % des entreprises du secteur déclaraient une dégradation de leur trésorerie, contre 44 % un an auparavant, selon les données de l'Organisation des Transporteurs Routiers Européens reprises dans l'étude.

Le phénomène est d'autant plus préoccupant que le transport routier fonctionne traditionnellement avec des marges réduites et un besoin important de fonds de roulement.

1 700 défaillances dans le transport routier

BPCE comptabilise environ 1 700 défaillances d'entreprises dans le transport routier de marchandises, en recul de 9 % sur un an. Ce reflux ne signifie pas pour autant que le secteur soit sorti de la zone de risque. BPCE insiste au contraire sur le caractère historiquement élevé du nombre d'entreprises en difficulté.

Défaillance TRM 1S 2026

Le graphique montre la forte montée des défaillances depuis leur point bas de 2021-2022 et leur maintien à un niveau très supérieur à celui observé pendant une grande partie de la décennie précédente. Dans le même temps, les créations d'entreprises hors microentreprises stagnent depuis plusieurs années.

Cette situation intervient en outre au moment où les transporteurs doivent continuer à investir dans leur outil de production et, pour certains, financer le renouvellement énergétique de leurs flottes. Or la remontée annoncée du coût du crédit pourrait rendre les arbitrages plus difficiles encore.

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