Etude

Électromobilité : 28 % des Français envisagent de franchir le pas

Jean-Marc Gervasio
Électromobilité : 28 % des Français envisagent de franchir le pas

Cette enquête OpinionWay confirme que l'essor du véhicule électrique ne repose plus uniquement sur les convictions environnementales. La maîtrise du budget automobile, la réduction de la dépendance aux carburants et la compétitivité des modèles proposés occupent une place croissante dans les arbitrages des consommateurs.

Alors que les tensions sur les marchés pétroliers renforcent les préoccupations des automobilistes, 28 % des Français envisagent d’acquérir ou de louer un véhicule électrique dans les deux prochaines années. Selon une enquête OpinionWay réalisée pour PrimesEnergie.fr, l'intérêt pour cette motorisation progresse sous l'effet de considérations économiques autant qu'environnementales. Mais si les consommateurs affichent leur attachement à l'industrie automobile européenne, le rapport qualité-prix demeure leur premier critère de choix, y compris face à la concurrence chinoise.

La transition vers la mobilité électrique semble progressivement s'installer dans les perspectives d'achat des ménages français. D'après une enquête menée en septembre 2026 par OpinionWay pour PrimesEnergie.fr, 28 % des personnes interrogées déclarent envisager sérieusement l'acquisition ou la location d'un véhicule électrique au cours des 24 prochains mois. Cette proportion traduit un intérêt significatif pour cette motorisation, même si les intentions exprimées ne préjugent pas des achats qui seront effectivement réalisés. L'étude met notamment en évidence d'importantes disparités générationnelles. Les 35-49 ans apparaissent comme les plus disposés à franchir le pas, avec 35 % d'intentions favorables, devant les 25-34 ans (32 %) et les 18-24 ans (29 %). À l'inverse, cette proportion tombe à 23 % chez les 50-64 ans et à 21 % parmi les plus de 65 ans.
Des différences géographiques sont également observées et des écarts illustrent une transition qui ne progresse pas uniformément sur l'ensemble du territoire.

 

Décision d'achat de VE disparité géographique

L’électrique séduit à géométrie variable
Si 28 % des Français envisagent de passer à la voiture électrique dans les deux prochaines années, l’enquête OpinionWay pour PrimesEnergie.fr révèle de fortes disparités territoriales, avec des intentions d’achat culminant à 34 % en Nouvelle-Aquitaine, contre seulement 12 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Un écart qui témoigne d’une transition automobile encore très inégale selon les régions.
(crédit illustration : OpinionWay - PrimesEnergie.fr)

La dépendance au pétrole, premier argument en faveur de l'électrique

Au-delà des considérations environnementales, la question énergétique occupe désormais une place centrale dans la perception du véhicule électrique. Ainsi, 79 % des répondants estiment que la raréfaction à terme des ressources pétrolières rendra nécessaire le développement de solutions de transport moins dépendantes des énergies fossiles. Parallèlement, 72 % considèrent que la nécessité de réduire les émissions de CO2 liées aux transports contribuera à rendre le véhicule électrique incontournable. L'argument économique recueille également une adhésion importante : 66 % des personnes interrogées estiment qu'un modèle électrique peut se révéler moins coûteux qu'un véhicule thermique sur l'ensemble de sa durée d'utilisation.
Les tensions géopolitiques et leurs conséquences sur les cours du pétrole constituent, dans ce contexte, un facteur susceptible de renforcer l'attractivité de l'électrique. Toutefois, l'enquête mesure avant tout des perceptions et des intentions, et ne permet pas d'établir précisément dans quelle mesure les fluctuations des prix à la pompe déclenchent une décision d'achat.

Une préférence européenne qui résiste difficilement à la concurrence des prix

L'étude révèle par ailleurs un décalage entre les attentes des Français en matière de politique industrielle et leurs propres arbitrages de consommateurs. Ainsi, 67 % des répondants considèrent que les aides financières à l'acquisition d'un véhicule électrique devraient être réservées aux modèles de marques européennes. Une position qui traduit une volonté majoritaire de soutenir l'industrie automobile du continent, confrontée à une concurrence internationale croissante. Mais cette préférence ne se retrouve pas nécessairement au moment de choisir un véhicule. En effet, 76 % des personnes interrogées déclarent privilégier le meilleur rapport qualité-prix, indépendamment de l'origine européenne, chinoise ou américaine du constructeur. Ce résultat souligne les limites du patriotisme économique lorsque le budget automobile entre en ligne de compte. Pour les constructeurs européens, l'enjeu consiste donc à proposer des modèles suffisamment compétitifs pour transformer cette préférence déclarée en achats effectifs.

Les constructeurs chinois encore confrontés à un déficit de confiance

L'arrivée de nouvelles marques chinoises sur le marché français pourrait accentuer cette concurrence, notamment sur les segments où le positionnement tarifaire joue un rôle déterminant. Toutefois, leur développement se heurte encore à certaines réserves. Selon l'enquête, 58 % des Français expriment des doutes concernant la qualité des véhicules électriques chinois. Cette perception constitue un obstacle potentiel pour les nouveaux entrants, même si elle ne reflète pas nécessairement les performances ou la fiabilité réelles des modèles commercialisés. La capacité des constructeurs chinois à rassurer les consommateurs sur la qualité de leurs véhicules, mais également sur leur accompagnement après-vente, leur réseau de distribution et leur pérennité commerciale, pourrait ainsi peser sur leur implantation en France.

Les aides à l'achat, un levier entre transition énergétique et soutien industriel

Cette double exigence, économique et industrielle, se retrouve également dans le dispositif français d'aides à l'acquisition. Les mécanismes de soutien financés notamment par les certificats d'économies d'énergie (CEE) favorisent certains véhicules répondant à des critères environnementaux spécifiques, à travers le dispositif d'éco-score. Selon Nicolas Moulin, président de PrimesEnergie.fr, les aides proposées par son entreprise peuvent atteindre 7 800 euros pour certains véhicules éligibles. Il souligne également que d'autres modèles peuvent bénéficier de dispositifs financiers, avec des montants variables selon leurs caractéristiques et les conditions d'attribution. Pour les ménages, ces aides peuvent contribuer à réduire l'écart de prix à l'achat entre les motorisations électriques et thermiques. Leur lisibilité et leur accessibilité constituent néanmoins des paramètres importants dans la décision d'acquisition.

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