Covid-19 : Réouverture des commerces automobiles le 11 mai 2020 indépendamment des zones

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© Groupe Lempereur
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Lors de la réunion du comité stratégique de filière automobile, qui s’est tenue le 30 avril 2020, en présence de la PFA, du CNPA, la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’économie Agnès Pannier-Runacher a confirmé que "les commerces automobiles, notamment les concessions et agences, pourront ouvrir le 11 mai, indépendamment du classement des régions et départements en zones rouges ou vertes".

Une bonne nouvelle pour l’ensemble des services automobiles durement touchés par le confinement, en place depuis le 17 mars dernier. En effet, lors de ce point de la filière, Xavier Horent, délégué général du CNPA a rappelé que "les tendances globales, tous métiers confondus, sont particulièrement alarmantes - comme l’illustreront les prochains chiffres du marché VN pour le mois d’avril.Nul hasard si les services de l’automobile ont été contraints de recourir massivement aux principaux dispositifs publics : fonds de solidarité, prêts garantis par l’Etat, chômage partiel, et report des différentes échéances sociales et fiscales".

Des mesures insuffisantes pour passer l’été

Ces mesures sont indispensables. "Mais elles ne seront pas suffisantes pour passer le cap de l’été", a souligné Francis Bartholomé président du CNPA. "Tandis que des secteurs entiers accusent des baisses d’activité entre 70 et 100 %, l’exemple de la distribution est significative : chaque mois de confinement, les réseaux auront perdu l’équivalent d’une année de résultats compte tenu du niveau des marges et des besoins considérables en capitaux". Et d’ajouter : "Pour le chômage partiel, il serait impensable qu’il y ait un "effet falaise", avec un arrêt au 1er juin : l’accompagnement doit s’adapter au vu de la hausse constatée, ou non, du chiffre d’affaires. Les chefs d’entreprises et leurs salariés ont besoin de clarté".

Cette chute des ventes signifie qu’avec un marché en baisse de l’ordre de 25 à 35 %, les réseaux sont susceptibles, dans une très grande majorité de cas, d’être en perte en 2020 et probablement encore en 2021.

"Cela signifie aussi que les prêts garantis par l’Etat servent à neutraliser les pertes (au lieu d’investir), à assurer le financement des stocks portés dans les bilans des distributeurs, et à assumer d’éventuelles surproductions industrielles en cas d’atonie ou de chute prononcée du marché", a rappelé Xavier Horent lors de cette même réunion.

Pour faire face à la réouverture prévue le 11 mai pour l’ensemble des affaires, le CNPA a rappelé que la priorité devait être donnée autour de ces six points :

1- la réouverture des affaires sans compromis sur la sécurité sanitaire des salariés et des clients

2- la sécurisation civile et pénale du chef d’entreprise

3- la sauvegarde des entreprises à court terme : la pérennisation des prêts garantis par l’Etat, et des exonérations fiscales sont indispensables. des efforts ciblés sont incontounables pour les acteurs les plus touchés : loueurs, auto-écoles, stations-services, notamment, sans être exhaustif ici.

4- la pérennisation du dispositif de l’activité partielle jusqu’à l’automne 2020 : le marché ne reprendra pas rapidement un niveau nominal, en tous les cas à l’échéance du 1er juin. Compte tenu de la dégradation des trésoreries et des incertitudes sur le comportement des acteurs économiques, le risque de licenciements économiques importants est aujourd’hui réel. Pour rappel, la part de la main d’oeuvre dans les services n’a rien à voir avec celle que l’on peut observer dans d’autres secteurs économiques.

5- la stimulation de la demande pour déstocker et relancer le moteur. Des propositions sont en cours d’élaboration avec la PFA. Il est clair que la restauration de dispositifs tels que la prime à la conversion, réélargie (VO, thermique, et ultra simplifiée), et l’augmentation des bonus pour les entreprises sont totalement indispensables. Le marché du VO est stratégique pour soutenir l’activité et apporter des offres adaptés sur les prochains mois, dans un contexte complexe au niveau des transports publics.

Le CNPA est également inquiet des risques d’explosion sociale, compte tenu des problèmes d’accès des Français à des solutions de mobilité. Ces politiques ont un coût, mais il faut aussi les mettre en regard des bénéfices environnementaux, sociaux et fiscaux (TVA, notamment).

6 - La mise en oeuvre d’une solidarité encore plus tangible au niveau de la filière automobile : respect des délais de paiement, fixation d’objectifs commerciaux réalistes, et sécurisation des modèles économiques etc. La conception d’un cadre entre la PFA et le CNPA peut s’avérer nécessaire à court terme.

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