L’ACEA juge l’interdiction du thermique « non rationnelle »

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L’ACEA (Association des constructeurs européens d’automobiles) juge « non rationnelle » la décision de la Commission européenne d’interdire les véhicules thermiques en 2035. Cependant, l’association insiste sur l’obligation faite aux États membres de déployer l’infrastructure adéquate.

© Commission européenne
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L’ACEA (Association des constructeurs européens d’automobiles) a rapidement réagi aux annonces de la Commission européenne en matière de réduction d’émissions de CO2 pour l’automobile. L’association souligne avant tout que tous ses adhérents sont engagés dans une démarche visant la neutralité carbone en 2050 et qu’ils investissent des milliards d’euros dans des technologies durables et innovantes pour y parvenir. Cependant, abaisser de 100 % les émissions en 2035 revient à bannir les motorisations thermiques, ce qui « n’est pas une voie rationnelle à ce stade, alors que l’Europe lutte encore pour mettre en place les conditions favorables aux véhicules à énergies alternatives », souligne l’ACEA. Un aspect capital pour la réussite des véhicules 100 % électriques, également pris en considération par la Commission. Cette dernière juge nécessaire le déploiement de 3 millions de points de recharge publics d’ici à 2030. L’ACEA fait remarquer à ce sujet que la Commission avait calculé qu’un nombre de 6 millions de points de charge serait indispensable dans le cadre d’un objectif de réduction de 50 % des émissions en 2030. « Il sera essentiel de recharger les millions de véhicules électriques que les constructeurs mettront sur le marché dans les années à venir », remarque Oliver Zipse, président de l’ACEA et directeur général de BMW Group. « La proposition de réduction de CO2 de 55 % en 2030 sera un vrai challenge et nécessitera des objectifs élevés de déploiement de points de charge pour les États membres. Ces nouveaux objectifs de CO2 accélèreront la transformation de l’industrie automobile, requérant au passage un management habile pour minimiser l’impact sur notre économie et nos emplois », poursuit Oliver Zipse. « Ces objectifs relevés pour 2030 requièrent un accroissement de la demande pour les véhicules électriques dans un laps de temps réduit. Sans une augmentation des efforts de toutes les parties prenantes, dont les États membres et tous les secteurs impliqués, l’objectif proposé sera simplement impossible à atteindre », conclut le président de l’ACEA.

Une place pour chaque technologie

Fidèle à la position de toute la filière automobile, l’ACEA insiste sur la nécessité de recourir à toutes les technologies existantes pour réussir la transition vers la neutralité carbone. « Ce n’est pas le moteur à combustion interne qui est préjudiciable à l’environnement mais les carburants basés sur des ressources fossiles. Sans la disponibilité de carburants renouvelables, une réduction de 100 % des émissions en 2035 revient à bannir le moteur à combustion interne », explique Oliver Zipse. « Malgré cette proposition de restriction des technologies à partir de 2035, nous demandons instamment à toutes les institutions européennes de prendre en considération l’innovation plutôt qu’interdire une technologie particulière », insiste le président de l’ACEA. « Une forte coordination politique sera essentielle pour s’attaquer au changement climatique de la manière la plus efficiente, en préservant la mobilité pour tous les Européens et les emplois dans l’industrie automobile » ajoute Eric-Mark Huitema, directeur général de l’ACEA. Les débats sont ouverts mais il paraît peu probable que la Commission revienne sur ses propositions.

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