L’effondrement du marché automobile VP France en avril 2020 (-88%)

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© groupe Lempereur
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D’après les données fournies par AAA Data pour le CCFA, le marché automobile Français des voitures particulières enregistre une baisse de 88% en avril 2020 par rapport à la même période l’an passé pour un total de 20 997 immatriculations seulement.

330 000 véhicules perdus

C’était attendu en raison de la fermeture de l’ensemble des concessions depuis le 17 mars 2020, celles-ci appliquant la règle de confinement sanitaire en vigueur en France et dans de nombreux pays en Europe. Au total, la période représente une perte de 330 000 véhicules perdus.

Autre donnée qui résulte de cet effondrement prévisible de l’activité, le marché perd 47,99% à la fin avril 2020 par rapport à la même période l’an passé. Sur les quatre premiers mois de 2020, seulement 385 676 voitures particulières ont été immatriculées.

Premier objectif pour la distribution : passer l’été

Comme c’est le cas lors de chaque publication de chiffres des immatriculations, y compris en dehors de la crise sanitaire, les uns et les autres livrent une analyse du marché avec des vérités et un discours anxiogène bête et méchant. C’est inutile et aujourd’hui plus que jamais.

En effet, les conditions d’un rebond sont réelles et tout à fait envisageables, comme le confirme encore une fois le CNPA le 2 mai dans un communiqué. A condition toutefois que le gouvernement réponde présent pour soutenir l’ensemble de la filière et plus particulièrement la distribution automobile. Pour cela, les entreprises de la distribution automobile, mises à l’abri aujourd’hui par le gel des paiements avec les constructeurs et le dispositif de chômage partiel, devront passer l’été en attendant un plan de relance à la rentrée.

Chômage partiel : éviter l’effet falaise

L’annonce du ministre de l’économie et des finances Bruno Le Maire d’un arrêt du dispositif de chômage à la fin mai 2020 est, en effet, une très mauvaise nouvelle pour la distribution automobile. Rien ne serait plus dangereux de réouvrir les concessions sans aucun clients en face. Redoutant le passage de l’été pour la filière, Francis Bartholomé rappelle, dans une interview pour Auto Infos le 1er mai, le danger d’un effet falaise dans le cas où le gouvernement réduisait le chômage partiel à partir du 1er juin comme prévu. « Je le dis très fort c’est une catastrophe si jamais cela se faisait pour nos métiers ». Et d’ajouter : « Si l’ensemble de nos équipes revient en activité et que les clients ne soient pas au rendez-vous, les pertes seraient catastrophiques ». Et nous irions vers des licenciements importants dès le mois de juillet.

Relancer la consommation

A partir du mois de septembre, le gouvernement devrait dévoiler son plan de relance pour l’automobile. De son côté, le CNPA prépare son plan R3 prenant en compte l’ensemble de ses métiers tout en discutant avec la PFA dans le cadre d’une filière amont et aval réunie pour l’occasion et plus que jamais sur la même ligne.

Commercialiser les VN et VO en stock

Entre les véhicules neufs en parc dans les concessions et les véhicules d’occasion récents, près de 800 000 véhicules en stock attendent preneur. Et c’est précisément avec ces véhicules que le relance pourra se faire. Tout dépend évidemment des décisions gouvernementales concernant ces véhicules en stock au niveau des taxes fiscales entre le malus et la TVS pour les professionnels. Il faudra aussi compter que un marché de l’après-vente et de la pièce de rechange qui devrait redémarrer rapidement dès le 11 mai.

Ecouler le stock de véhicules en parc

La reprise de la production dans les usines est certes importante pour les emplois mais celle-ci n’est absolument pas liée à la reprise des ventes dans les différents réseaux de distribution. Cette reprise de la production sera importante pour les commandes passées dans les réseaux à partir de septembre prochain. Il faut donc cesser de se focaliser sur une reprise de la production de véhicules qui ferait redémarrer les ventes comme par enchantement. Non ! Malheureusement les choses ne se passent pas comme ça...

Ne pas concentrer la relance sur les seuls véhicules électrifiés

Avant la crise sanitaire, le gouvernement avait fait de très mauvais choix pour l’ensemble de la filière automobile poussant l’électrification des ventes face à des clients qui n’étaient pas attirés par les véhicules hybrides et électriques. Il faudra du temps pour réaliser ce passage à l’électrique : un temps raisonnable tant pour la filière amont et la filière aval. Si les pouvoirs publics restent sur la même ligne d’avant-Covid en cherchant à favoriser absolument les véhicules électrifiés, il paraît évident que la relance ne sera pas au rendez-vous. Et le discours anxiogène concernant la filière automobile aura ainsi raison !

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