Valeo à l’ère du « green changing »

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Valeo annonce qu’il vise la neutralité carbone en 2050, avec un jalon important en 2030, qui doit marquer une réduction des émissions de 45 % par rapport aux niveaux constatés en 2019.

Jean-Luc di Paola-Galloni et Geoffrey Bouquot lors de la conférence sur la neutralité carbone. © Valeo
Jean-Luc di Paola-Galloni et Geoffrey Bouquot lors de la conférence sur la neutralité carbone. © Valeo

Il y a l’air du temps pollué, mesuré par plusieurs organismes et dénoncé depuis des années par des ONG et des lanceurs d’alerte, et il y l’air du temps, la pensée dominante, ses tendances et ses non-dits. L’objectif de neutralité carbone est aujourd’hui au point de convergence des deux et, depuis quelques années, les états et les grandes entreprises rivalisent d’annonces à ce sujet, la date de 2050, adoubée par l’ONU, étant communément retenue pour l’achievement. Comme dirait l’autre et sans jouer les Cassandre, pas besoin d’être un grand sachem pour savoir que cela relève du totem.

Toujours est-il que Valeo vient d’annoncer qu’il vise la neutralité carbone en 2050, ce qui passe par un travail holistique sur la réduction des émissions et par une stimulation de l’électrification des véhicules. Un premier temps de passage important est fixé en 2030 et Valeo s’engage à réduire :
- de 75 %, ses émissions liées à ses activités opérationnelles, qui vont passer de 1,1 à 0,3 million de tonnes de CO2 (Scopes 1 et 2).
- de 15 %, les émissions liées à l’approvisionnement auprès de ses fournisseurs, qui vont passer de 9,5 à 8,1 millions de tonnes de CO2 (Scope 3 amont).
- de 15 %, les émissions liées à l’usage final de ses produits (Scope 3 aval), passant de 39 à 33,1 millions de tonnes de CO2. Cette réduction devrait atteindre 50 % en comptabilisant les émissions évitées grâce aux technologies d’électrification de Valeo, passant de 39 à 19,5 millions de tonnes de CO2.
Ces valeurs s’entendent selon la méthodologie de calcul SBTi (Science Based Targets inititative, un référentiel qui permet aux entreprises de fixer des objectifs de réduction des émissions de CO2 en ligne avec le maintien d’un réchauffement climatique a minima à 2°C).

De grandes disparités de niveau des émissions dans le réseau industriel mondial du groupe

Valeo va investir 400 millions d’euros pour réduire l’empreinte de ses activités opérationnelles, principalement ses usines, avec un soin particulier porté naturellement aux énergies utilisées. « Concrètement, cela passe par une généralisation des LED, une amélioration de la récupération de la chaleur des fours et des machines, ou encore de l’isolation », explique Jean-Luc di Paola-Galloni, responsable du développement durable du groupe.
Les sites les plus polluants seront prioritaires et sans surprise, ils se trouvent en Asie : 1 500 tonnes/site/an en Chine et 1 000 tonnes/site/an dans le reste de l’Asie, pour 1 000 tonnes/site/an aux États-Unis et 500 tonnes/site/an en Europe. Comme quoi, c’est bien le législateur qui donne le la et non les dates d’implantation. Pour réussir, le groupe s’engage à embarquer et à accompagner ses quelque 1 200 fournisseurs dans la démarche.

57 % du chiffre d’affaires de Valeo réalisé en 2019 via des technologies permettant des réductions d’émissions de CO2

Dans le même temps, Valeo va continuer à développer son portefeuille de technologies favorisant une mobilité décarbonée, en particulier ses solutions permettant l’électrification des véhicules. Véhicules au sens large, car Geoffrey Bouquot, responsable R&D et stratégie au sein du groupe, évoque les voitures, mais aussi les EDP, dont les trottinettes, les vélos électriques, les deux et trois roues, sans oublier les véhicules lourds. Ces derniers pouvant ouvrir la voie à des applications liées à l’hydrogène. En une décennie, Valeo a investi plus de 10 milliards d’euros dans des technologies permettant de réduire les émissions de CO2, se positionnant aux avant-postes des solutions basse tension et haute tension (la joint-venture avec Siemens est encore en ramp-up, mais ses niveaux de commandes sont prometteurs). « En 2019, 57 % du chiffre d’affaires de Valeo a été généré par des technologies permettant la réduction des émissions de CO2. Aujourd’hui, une voiture neuve sur trois dans le monde est équipée d’une technologie de Valeo permettant la réduction des émissions de CO2 », souligne Geoffrey Bouquot. Simultanément, Valeo optimise la masse de ses produits et de ses modules, ainsi que leur consommation propre.

En outre, le groupe dirigé par Jacques Aschenbroich jusqu’à ce que Christophe Périllat lui succède en 2023, est signataire de la campagne « Business Ambition for 1.5°C » et mobilise ses salariés autour de cet objectif. Ainsi, dans un premier temps, « Valeo intégrera des critères de réduction carbone et de développement durable dans la rémunération variable de plus de 1 500 cadres supérieurs ». Ce qui offre à Geoffroy Bouquot la punchline finale : « Ce n’est pas du “green washing”, mais du “green changing” ».

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