
Après plusieurs années de forte progression, les défaillances d'entreprises marquent une pause au troisième trimestre 2026. Selon Altares, 14 652 procédures collectives ont été ouvertes en France, soit une hausse limitée à 0,5 %. Dans le transport et la logistique, les défaillances reculent légèrement, une amélioration portée par le transport routier de marchandises.
La flambée des défaillances d'entreprises semble avoir atteint un palier. Selon la dernière étude d'Altares, 14 652 entreprises ont fait l'objet d'une procédure collective entre juillet et septembre 2026, contre 14 583 un an auparavant. Une progression de seulement 0,5 %, qui tranche avec les hausses à deux chiffres observées entre 2022 et 2024.
Cette stabilisation ne doit toutefois pas masquer l'ampleur des difficultés. Sur douze mois glissants, près de 72 000 entreprises ont défailli, un niveau inédit. Le seul mois de septembre a concentré 7 100 procédures, établissant un nouveau record mensuel.
« L'emballement des défaillances semble donc passé mais des préoccupations demeurent notamment pour les secteurs dépendant des arbitrages budgétaires des ménages », observe Thierry Millon, directeur des études d'Altares.
Autre signe d'amélioration relative, les liquidations judiciaires directes reculent de 1,2 %, à 9 744 jugements, tandis que les redressements judiciaires progressent de 4,2 %, à 4 576 procédures. Au total, 50 510 emplois sont menacés, un chiffre en baisse de près de 3 % sur un an.
Transport routier de marchandises : 322 défaillances, en baisse de 6,1 %
Dans cet environnement économique toujours fragile, le transport et la logistique affichent une légère amélioration. Altares recense 600 défaillances au troisième trimestre 2026, contre 610 un an auparavant, soit un recul de 1,6 %. Une évolution modeste, mais qui intervient après trois années de fortes tensions pour les entreprises du secteur.
Le transport routier de marchandises affiche une tendance plus favorable, avec 322 défaillances contre 343 au troisième trimestre 2025, soit une diminution de 6,1 %. Cette amélioration est particulièrement sensible dans le transport interurbain de marchandises, où les procédures reculent de 12 %, selon Altares.
L'analyse de la nature des procédures confirme cette orientation, tout en révélant la persistance des difficultés. Les liquidations judiciaires directes passent de 242 à 217, soit une baisse de 10,3 %. À l'inverse, les redressements judiciaires progressent de 95 à 105 procédures, en hausse de 10,5 %. Aucune procédure de sauvegarde n'a été enregistrée au cours du trimestre, contre six un an auparavant.
Ainsi, 67,4 % des entreprises de transport routier de marchandises défaillantes font directement l'objet d'une liquidation judiciaire, une proportion proche de la moyenne nationale de 66,5 %.
La baisse des liquidations constitue un signal encourageant. Elle ne suffit cependant pas à conclure à un assainissement durable de la situation financière des transporteurs. La progression des redressements montre que des entreprises restent confrontées à des difficultés suffisamment importantes pour nécessiter l'intervention du tribunal, même si la poursuite de leur activité demeure envisageable.
La tendance observée dans le transport de marchandises s'inscrit dans un paysage économique contrasté. La construction, longtemps principal moteur de la hausse des procédures, enregistre un recul de 3,1 %, tandis que l'industrie manufacturière affiche une baisse de 11,8 %.
À l'inverse, les commerces et services de proximité continuent de souffrir. Les défaillances augmentent notamment de 9,6 % dans la restauration et de 15,3 % dans le commerce alimentaire.
Pour Thierry Millon, le principal enjeu dépasse désormais la seule évolution du nombre de procédures. « Le pic des défaillances est peut-être derrière mais pas celui de la fragilité financière des entreprises », prévient-il.
Un constat qui concerne également le transport routier de marchandises. Si le reflux des défaillances et, surtout, des liquidations judiciaires constitue une évolution favorable, le secteur demeure exposé à la faiblesse des marges et aux tensions de trésorerie. La capacité des transporteurs à reconstituer leurs fonds propres et à financer leurs investissements constituera un indicateur essentiel pour apprécier la solidité de cette amélioration.





