
Moins de jeunes à former, des recrutements déjà sous tension : l’après-vente automobile doit élargir son vivier de candidats.
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La démographie ne détermine pas seulement la taille du marché automobile d’un territoire. Elle conditionne aussi, dans une large mesure, les besoins en main-d’œuvre des entreprises de la vente, de l’entretien et de la réparation. Dans son 125e Autofocus, l’Observatoire des métiers des services de l’automobile met en évidence de fortes disparités régionales et alerte surtout sur une évolution appelée à peser sur les recrutements : la diminution attendue du nombre de jeunes en âge de se former.
Les quatre diagnostics régionaux emploi-formation réalisés par l’ANFA depuis 2014 font apparaître une corrélation entre croissance démographique et progression des besoins d’emploi automobile. Mais la population ne suffit pas à expliquer les différences observées d’un territoire à l’autre. Le degré de dépendance à la voiture joue notamment un rôle important. Dans les zones rurales et périurbaines, où les alternatives sont moins nombreuses, un usage automobile soutenu alimente mécaniquement les besoins d’entretien et de réparation. La situation est très différente dans les grandes métropoles disposant d’une offre de mobilité plus diversifiée. Paris constitue ainsi le seul département où l’emploi dans le commerce et la réparation automobile a diminué au cours des dix dernières années, avec un recul de 22 %.
D’autres paramètres interviennent comme le niveau de vie des ménages, les caractéristiques des bassins d’emploi, les tensions transfrontalières ou encore l'état du parc roulant. Son âge moyen varie ainsi de 10,4 ans en Île-de-France à 12,4 ans en Centre-Val de Loire. Or, le vieillissement des véhicules tend à soutenir l’activité des professionnels de l’entretien et de la réparation.
Un vivier de jeunes appelé à diminuer
L’étude pointe surtout une évolution démographique susceptible de compliquer davantage les recrutements au cours de la prochaine décennie. Entre 2025 et 2035, la population française âgée de 15 à 19 ans devrait diminuer de 5 %. Le recul atteindrait 11 % en Normandie et 9 % en Bretagne. Cette contraction intervient alors que certains territoires connaissent déjà de fortes tensions. Dans les Pays de la Loire, 84 % des entreprises interrogées en 2025 considéraient leurs recrutements de mécaniciens et techniciens de maintenance comme difficiles. La proportion atteignait 95 % pour les carrossiers.
Pour les CFA et lycées professionnels, l’enjeu ne sera donc plus seulement de proposer suffisamment de places de formation, mais aussi de disposer d’un nombre suffisant de candidats. Une problématique d’autant plus sensible que la branche doit parallèlement accompagner l’évolution technologique du parc et renouveler les salariés arrivant en fin de carrière.
Former mais aussi conserver les jeunes dans la branche
Face à cette évolution, l’ANFA identifie plusieurs leviers. Le premier consiste à mieux anticiper les évolutions démographiques et les choix d’orientation. Le deuxième concerne l’insertion des jeunes déjà formés. Six mois après leur formation, le taux d’insertion des apprentis en maintenance automobile varie encore de 63 à 75 % selon les régions.
La prévention des ruptures de contrats d’apprentissage et des décrochages constitue un autre axe de travail. L’enjeu est donc autant d’attirer de nouveaux candidats vers les métiers automobiles que de conduire ceux qui s’y engagent jusqu’à la qualification, puis de les fidéliser dans la branche.
Les femmes, un vivier encore largement sous-représenté
Dans ce contexte, la féminisation des métiers techniques apparaît comme l’un des principaux réservoirs de recrutement encore peu exploités. Les femmes représentent près de 23 % des salariés de la branche, mais seulement 2 % des mécaniciens et carrossiers.
Une évolution est néanmoins perceptible du côté de la formation. Les effectifs féminins ont triplé depuis 2016 et progressé de nouveau de 12 % à la rentrée 2025-2026. Pour l’ANFA, attirer davantage de jeunes femmes, mais également créer les conditions permettant de les conserver durablement dans les entreprises, devient ainsi un levier pour élargir le vivier de compétences.
Au-delà des seuls volumes de formation, l’étude souligne finalement un changement de problématique pour la branche automobile. Dans des territoires où les difficultés de recrutement sont déjà installées, la diminution annoncée du nombre de jeunes pourrait accentuer la concurrence entre secteurs pour attirer les candidats. Pour les entreprises de l’après-vente, la capacité à recruter, former et fidéliser de nouveaux profils devrait donc prendre une place croissante dans les enjeux de renouvellement de la main-d’œuvre.





