Essai automobile - Lancia Gamma : une nouvelle variante des Peugeot 3008, Opel Grandland, Jeep Compass

Essai automobile - Lancia Gamma : une nouvelle variante des Peugeot 3008, Opel Grandland, Jeep Compass

La nouvelle Lancia Gamma à l'essai.

© Lancia / Stellantis

L'ESSAI AUTO DU WEEK-END. Une nouvelle Lancia ? Ca n’arrive pas souvent. On applaudit. Mais cette nouvelle variante des SUV Stellantis de catégorie moyenne supérieure manque d’identité à l’extérieur et à l’intérieur.

Une nouvelle Lancia ? Les amoureux de l’automobile en frémissent de curiosité. Oubliée aujourd’hui, Lancia a marqué l’histoire avec ses merveilleuses Aurelia, Flaminia, Fulvia Coupé, Delta Integrale… Et, comme la marque avait quasiment disparu, toute tentative de relance ne peut qu’apparaître extrêmement sympathique. Après la petite Ypsilon sur base de Peugeot 208 en 2024, voici donc le deuxième jalon de la renaissance annoncée !

Un nom pas très bien choisi

La nouvelle Lancia Gamma a été présentée le 16 septembre 2026. Les premiers essais par la presse spécialisée ont eu lieu juste avant le Mondial de l’auto, début octobre, près de Naples. Les premières livraisons devraient intervenir à la fin de l’année. Gamma ? Lancia reste fidèle aux lettres de l’alphabet grec pour ses dénominations. Pourquoi pas ? Hélas, le nom choisi n’est guère judicieux. Il fait référence en effet à un modèle de haut de gamme commercialisé entre 1975 et 1984, qui fut l’un des plus gros bides de la marque, à cause notamment d’une fiabilité catastrophique. Curieuse erreur. Lancia aurait dû choisir un autre nom… Passons !

Voyons maintenant à quoi ressemble cette Lancia ! Le directeur du design Gianni Coronello vante la spécificité de l’esthétique, qu’il affirme être dans la droite ligne des créations passées de Lancia. Vraiment ? Malgré cet enthousiasme officiel, à la vue de l’engin nous déchantons ! Ce SUV ressemble en effet beaucoup à un Peugeot 3008. La cellule centrale est proche, de même que l’arrière tronqué.

Et on retrouve pas mal de composants communs avec les cousins 3008, Opel Grandland, Jeep Compass, DS N°7. Voire Citroën C5 Aircross. Stellantis n’a pas laissé le choix. Lancia a dû limiter les frais. D’ailleurs, la  voiture a été conçue en grande partie au centre technique de Vélizy (Yvelines) selon une source interne, et pas au Centro Stile de Turin comme le constructeur l’annonce.

Intérieur pas assez « Lancia »

Du coup, cette auto manque de personnalité, à part une signature lumineuse spécifique à l’avant et à l’arrière. Personnellement, nous aurions bien vu une carrosserie plus rétro, suggérant les créations d’antan de la firme. Dommage. L’ensemble n’a pas la grâce habituelle des Lancia. Elle est certes dans l’air du temps, sans rien de choquant, mais ne se démarque pas assez du lot de ses concurrentes européennes ou asiatiques.

Le style bicorps est in fine le seul point commun entre l’ancienne et la nouvelle Gamma. Le SUV Lancia Gamma mesure 4,67 mètres de long, dépassant le Peugeot 3008 de 13 centimètres mais affichant les mêmes dimensions qu’un DS N°7 ou qu’un Opel Grandland. Par contre, il est plus court de 12 cm qu’un Peugeot 5008 et de 13 cm qu’un DS N°8. Un positionnement délicat.

A l’intérieur, nous n’avons retrouvé aucun des traits caractéristiques des Lancia historiques. L’alcantara sur les sièges et les contreportes (faux daim soyeux), qui était la marque de fabrique des anciennes Thema ou Kappa, a disparu ici au profit d’un tissu… gris, sur notre version d’essai, bordé d’un faux cuir noir. Pourquoi cet abandon ? Et le bois ? Passé à la trappe également.

L’intérieur, volontairement contemporain, est également très proche de celui des Peugeot 3008, Opel Grandland, DS n°7, Jeep Compass. Avec ses grands écrans géométriques. Certes, la finition apparaît de qualité avec des ajustages précis. L’ambiance vaut largement celle des meilleures concurrentes. Mais, si on enlevait le logo, il serait quand même difficile de reconnaître la marque…  Cela n’empêche pas que l’on soit bien assis, avec une belle impression d’espace, au moins à l’avant, et un coffre accueillant.

Bonnes qualités routières

Les caractéristiques routières sont très proches des autres modèles de Stellantis sur cette même plateforme STLA Medium. Logique. Rien à redire sur ce point. La voiture se comporte très honorablement, avec une direction bien calibrée. La voiture se tient très bien sur le bitume. Les trains roulants ont toujours été un point fort de l’ex-groupe PSA, qui a fusionné début 2021 avec FCA (Fiat Chrysler Automobiles) pour former Stellantis. Côté confort, on aura intérêt comme d’habitude à opter pour des jantes de 18 pouces, plutôt que les grandes jantes de 19 ou 20 pouces avec des pneus à flancs très bas qui percutent sur les inégalités.

Au programme des motorisations : le mini tricylindre 1.2 l essence de 145 chevaux (à hybridation légère) des 208, 2008, 308, 3008, C3, C3 et C5 Aircross, Opel Corsa ou autres Astra, Frontera, Grandland, DS N°4 et N°7, et trois versions 100% électriques. En premier lieu, une déclinaison de 230 chevaux couplée à une batterie de 74 kWh offrira une autonomie théorique de 540 kilomètres (en cycle d’homologation WLTP). Une  version à transmission intégrale de 375 chevaux  devrait pour sa part proposer une autonomie de 675 kilomètres (WLTP).

Belle autonomie en vue

Nous avons testé – brièvement sur les routes  encombrées près de Naples – la version électrique à long rayon d’action. La déclinaison dite Long Range de 245 chevaux – comme sur le DS N°7 - couplée à une batterie de 97 kWh, qui nous occupe ici, revendique, elle, un rayon d’action de de 740 kilomètres (cycle WLTP). Cette version embarque la fameuse batterie produite à Douvrin (Pas-de-Calais) par ACC (Stellantis, Total Energies et Mercedes), qui monte difficilement en cadence… Les délais de livraison sont longs. Et les premiers clients de cette version spécifique toucheront leur auto en février 2027. Si tout va bien.

La voiture ainsi gréée ne déçoit pas à l’usage. Selon nos mesures, on doit dépasser effectivement les 700 kilomètres en usage réel. Pas mal du tout. Mais nous avons roulé doucement, vu les conditions de circulation… Qu’en est-il sur un parcours autoroutier à 130 ? Les performances sont suffisantes, mais restent obérées par le poids très élevé ! Nos consommations se sont établies autour de 20 kWh. Mais le circuit d’essai choisi n’était hélas pas caractéristique d’un roulage normal.

Une Alfa en vue sur le même thème

Les objectifs de vente sont très prudents. Le cabinet d’expertise Inovev table sur une production de 10 000 par an à Melfi, dans le sud de l’Italie. Dont 10 à 15% pour la France, où le réseau s’étoffe. Celui-ci  dispose aujourd’hui de 21 concessionnaires et huit corners dédiés dans une concession d’autre marque. La marque vise une quarantaine de points de vente à court terme dans l’Hexagone.

Cette Gamma électrique est plutôt une bonne auto, une grande routière homogène et plaisante à utiliser. Elle est en tous points comparable aux autres SUV du groupe équipés de la même batterie. Nos critiques portent essentiellement, mais c’est un point crucial, sur l’identité de cette Lancia. Ce sont les limites de la politique de Stellantis qui veut un modèle de même catégorie dans chacune de ses marques européennes. Mais en limitant les dépenses. Et ce n’est pas fini.

Alfa Romeo devrait également décliner un SUV comparable… Si cette Gamma peut éventuellement attirer des Italiens à cause de son blason transalpin, ses chances hors de son marché national apparaissent ténues. Sans que les prestations de la voiture en elle-même ne soient en cause.

La gamme démarre à 39 900 euros en hybride (48 volts). Notre électrique de 245 chevaux Long Range est à 51 900 euros (LS) ou 53 900 euros (LX) comme sur notre version  d’essai. Le modèle est compétitif par rapport à la DS N°7. Mais elle est plus chère que la Peugeot 3008 (49 750 en GT) ou l’Opel Grandland à motorisation identique (49 763 euros en déclinaison Ultmate). Mais aussi le Jeep Compass (49 990 euros  en version Summit). La Lancia est toutefois logiquement moins onéreuse que la DS n°7 (57 080 en version Pallas).

Prix de la version essayée : Lancia Gamma Electrique Long Range LX : 53 900 euros

Puissance : 245 chevaux (électrique)

Dimensions : 4,67 m (long) x 1,92 m (large) x 1,66 m (haut)

Qualités : Bonne finition, habitabilité, comportement routier, direction plaisante, grande autonomie

Défauts : Manque de personnalité, intérieur pas assez « Lancia », voiture lourde, prix assez élevé

Concurrentes : Peugeot 3008 Electrique large autonomie GT : 49 750 euros ; Jeep Compass Electrique Summit : 49 990 euros DS n°7 E-Tense Long Range Pallas : 57 080 euros

Note : 12,5 sur 20

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