
Le transport et la logistique bénéficient d’une image positive auprès de 64 % des Français, qui reconnaissent leur rôle dans l’approvisionnement des territoires, les livraisons du quotidien et l’activité économique.
© Mairie de Paris
Une étude réalisée par Toluna Harris Interactive pour l’Union TLF met en évidence la perception globalement positive du transport de marchandises et de la logistique. Les Français associent le secteur à l’approvisionnement des territoires, à l’emploi et au dynamisme économique. Leurs réponses révèlent toutefois des arbitrages plus complexes lorsqu’il est question de transition écologique, de régulation et de pouvoir d’achat.
Souvent réduit, dans les représentations collectives, aux camions, aux entrepôts et à la livraison de colis, le transport de marchandises bénéficie pourtant d’une image favorable auprès d’une majorité de Français. C’est l’un des principaux enseignements de l’étude présentée par Toluna Harris Interactive à l’occasion d’une conférence de presse organisée par l’Union TLF.
L’enquête a été réalisée en ligne du 17 au 26 août 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 1 041 personnes âgées de 18 ans et plus. La représentativité a été assurée par la méthode des quotas selon le sexe, l’âge, la catégorie socioprofessionnelle, le type d’agglomération et la région de résidence.
Une image plus positive que ne le suggèrent les débats publics
Interrogés sans liste de réponses préétablie, les participants associent spontanément le transport de marchandises et la logistique à différents moyens d’acheminement. Les camions et les trains figurent notamment parmi les termes les plus fréquemment cités. Les marchandises, les routes, les colis et les livraisons complètent ces représentations. La pollution apparaît également dans les réponses, mais elle ne résume pas à elle seule la perception du secteur. Au total, 64 % des Français déclarent avoir une bonne image du transport de marchandises et de la logistique. Le secteur se situe derrière des activités directement liées au quotidien, comme la santé, le commerce ou la restauration, mais devant la grande distribution, la banque ou l’assurance. Cette appréciation repose principalement sur son utilité. Les Français considèrent majoritairement le transport et la logistique comme essentiels à l’approvisionnement des territoires, à la continuité des chaînes d’approvisionnement et au fonctionnement de l’économie. Cette reconnaissance est encore plus marquée dans les communes rurales, où l’éloignement des commerces renforce l’importance des services de livraison.
La livraison installée dans les usages
L’étude souligne également l’ancrage de la livraison dans les habitudes de consommation. Deux Français sur trois déclarent recourir à un service de livraison au moins une fois par mois, hors livraison de repas. Un tiers affirme même se faire livrer plusieurs fois par mois. Cette pratique est plus répandue parmi les moins de 35 ans, dont huit sur dix utilisent ces services au moins mensuellement. Elle concerne aussi largement les familles avec enfants, les habitants de la région parisienne et les catégories socioprofessionnelles supérieures. Dans les communes rurales, 64 % des répondants indiquent également avoir recours à la livraison au moins une fois par mois. Les Français utilisent principalement ces services pour se procurer des produits qui ne sont pas disponibles à proximité de leur domicile et bénéficier de tarifs plus avantageux. La rapidité, la praticité et l’accès à une offre plus étendue sont également cités, tout comme la possibilité de recevoir des articles lourds ou encombrants. Pour près d’un tiers des habitants des territoires ruraux, le recours à la livraison s’explique directement par l’éloignement des commerces.
Le prix et la rapidité restent déterminants
Si la livraison fait désormais partie du quotidien, les attentes des consommateurs restent élevées. La disponibilité des produits, la rapidité d’acheminement et le prix figurent parmi les principaux critères pris en compte par les utilisateurs. L’état du colis et la qualité globale du service participent également à leur appréciation, tandis que la relation avec l’entreprise de livraison apparaît moins déterminante. Ces résultats montrent que le développement de services plus vertueux sur le plan environnemental doit composer avec une forte sensibilité économique. Dans un contexte marqué par les préoccupations relatives au pouvoir d’achat, les Français se montrent encore peu disposés à payer davantage pour bénéficier d’une livraison décarbonée.
Un secteur associé à l’emploi local
Au-delà du service rendu aux consommateurs, le transport et la logistique sont perçus comme des leviers de développement territorial. Une large majorité des répondants estime que le secteur contribue à créer des emplois locaux, à attirer des entreprises et à renforcer l’activité économique. Ils sont notamment 85 % à considérer qu’il participe au dynamisme de l’économie locale. Les métiers du transport et de la logistique sont aussi identifiés comme des débouchés professionnels accessibles à différents profils. Les opportunités sont principalement reconnues pour les jeunes, les personnes peu ou pas diplômées et celles engagées dans une reconversion professionnelle. Le secteur est, en revanche, jugé moins adapté aux personnes très diplômées. Les répondants le considèrent également comme un peu moins susceptible d’offrir des débouchés aux personnes en situation de handicap. Ces perceptions ne reflètent pas nécessairement la diversité réelle des fonctions exercées dans le transport et la logistique, mais renseignent sur l’image de leurs métiers auprès du grand public.
Les entrepôts associés au pouvoir d’achat
La perception des implantations logistiques apparaît également plus favorable que ne pourraient le laisser penser les débats sur leurs effets environnementaux et fonciers. Selon l’étude, 73 % des sondés pensent que favoriser l’installation d’entrepôts en France contribuerait à augmenter leur pouvoir d’achat. Ce résultat peut s’expliquer par les effets attendus sur la disponibilité des produits, les délais d’acheminement, les coûts de transport et l’activité économique locale. Les entrepôts ne sont donc pas seulement considérés comme des sources potentielles de nuisances, mais aussi comme des équipements capables de soutenir l’emploi, l’approvisionnement et l’attractivité des territoires.
Des inquiétudes sur la concurrence étrangère
Les réponses deviennent plus tranchées lorsque l’enquête aborde la fiscalité et la compétitivité des entreprises. Ainsi, 74 % des Français pensent que taxer les entreprises françaises de transport de marchandises favorise la concurrence étrangère. Ce résultat traduit une inquiétude quant aux conséquences de contraintes fiscales ou réglementaires qui ne seraient pas appliquées de manière homogène aux opérateurs étrangers. Les personnes interrogées considèrent parallèlement le transport et la logistique comme nécessaires à l’indépendance économique du pays, tout en ayant conscience de la forte concurrence internationale à laquelle le secteur est confronté. La massification des flux bénéficie également d’un soutien important. Au total, 74 % des répondants estiment que permettre aux camions de transporter davantage de marchandises contribuerait à la décarbonation du secteur. Cette perception repose sur l’idée qu’une augmentation de la quantité transportée par véhicule pourrait réduire le nombre de trajets nécessaires, sous réserve que cette évolution n’entraîne pas d’autres effets sur la circulation ou les infrastructures.
Une transition écologique soumise à des arbitrages
Les Français apparaissent plus partagés à propos des mesures visant à restreindre l’utilisation des véhicules thermiques dans les agglomérations, qu’il s’agisse des zones à faibles émissions, des vignettes Crit’Air, des limitations de circulation ou des voies réservées. Une majorité de 54 % s’y déclare favorable. Le soutien atteint 63 % chez les 18-34 ans et 60 % parmi les catégories socioprofessionnelles modestes. À l’inverse, l’opposition est majoritaire dans les communes rurales, où elle atteint 56 %, ainsi que chez les personnes âgées de 65 ans et plus, dont 53 % se déclarent défavorables à ces restrictions.
Ces écarts peuvent notamment s’expliquer par les différences d’accès aux transports collectifs et aux solutions de mobilité alternatives. Ils illustrent également les difficultés d’une transition dont les effets économiques et pratiques ne sont pas perçus de la même manière selon l’âge, le lieu de résidence ou la situation sociale.
Les réserves exprimées ne traduisent donc pas nécessairement un rejet des objectifs environnementaux. Elles témoignent plutôt d’une inquiétude concernant le coût et le rythme de la transition, ainsi que ses conséquences sur le prix des produits, la mobilité quotidienne et la qualité des services.
Au total, l’enquête décrit une opinion moins critique à l’égard du transport et de la logistique que ne pourraient le laisser penser les seuls débats sur les nuisances et les émissions. Le secteur est reconnu pour son utilité quotidienne, son rôle économique et sa contribution à l’emploi. Cette adhésion reste néanmoins conditionnée au maintien de prix accessibles et d’une qualité de service élevée, deux attentes avec lesquelles les politiques de décarbonation et de régulation devront nécessairement composer.





