
Stellantis publie ses résultats.
© stellantis
Le groupe affiche un petit bénéfice opérationnel de 256 millions d’euros au troisième trimestre, avec une marge de 0,7%. Mais, en Europe, il demeure très déficitaire avec un déficit de 311 millions et une marge négative de 2,2%. Et celle-ci s’alourdit. La valorisation boursière est très basse, à 11,3 milliards.
Stellantis va un peu mieux, mais pas en Europe ! Au contraire. Le constructeur franco-italo-américain a enregistré ce mercredi 28 octobre un petit bénéfice opérationnel global - principal indicateur de rentabilité - de 256 millions d’euros au troisième trimestre, avec une marge de 0,7%. Le résultat net demeure toutefois négatif, de 0,5 milliard d’euros. Le flux de trésorerie industriel s’est amélioré de 0,3 milliard d’euros, mais demeure aussi lourdement négatif, de quatre milliards d’euros au troisième trimestre 2026. Sur neuf mois, Stellantis enregistre 1,99 milliard d’euros de profit d’exploitation et une marge de 1,7%.
Mais, sur son premier marché, le groupe franco-italo-américain affiche des mauvais résultats… En Europe dite élargie, Stellantis plonge en effet au troisième trimestre. Il y dégage une perte opérationnelle de 311 millions sur le trimestre et une marge négative de 2,2%. La perte s’accroît, malgré une hausse de ses livraisons (+54 000 unités) à 588 000 véhicules. Sur le même trimestre de 2025, la firme enregistrait un… bénéfice opérationnel de 157 millions et une marge positive de 1,2% !
« Evolution négative des prix »
Stellantis impute ces médiocres résultats à une « évolution négative des prix et d’un mix défavorable ». Il est vrai que les concurrents chinois font des ravages avec des prix cassés, obligeant la concurrence européenne à afficher de fortes remises ! Sur les neuf mois cumulés, la perte atteint cette année sur le Vieux continent 397 millions d’euros, avec une marge négative de 0,9%... Celle-ci était pourtant positive de 0,2% sur neuf mois 2025 !
En Europe, il y a bel et bien une évolution négative - et inquiétante - de la situation financière. Et ce, alors que les parts de marché de Stellantis restent historiquement basses. Sur neuf mois, le groupe atteint à peine une pénétration de 14,5% (voitures particulières seules), d’après l’ACEA (Association des constructeurs européens). Avec un plongeon à 12,7% sur le seul mois de septembre !
La part de marché de Stellantis se retrouve en conséquence à son niveau le plus faible depuis la constitution du groupe à travers la fusion de PSA et FCA (Fiat Chrysler Automobiles). Le groupe occupait encore 14,8% sur neuf mois 2025, 16,2% sur la même période de 2024, voire 20,2 % dans les années 2020 et 2021, année de la constitution du groupe, et même 21,2% en 2010 si l’on additionne les pénétrations respectives de PSA et de FCA à cette époque !
0,4% de marge en Amérique du nord
Heureusement, les autres régions du monde sauvent partiellement la situation financière de Stellantis… Le groupe a en effet enregistré une petite marge positive de 0,4% en Amérique du nord au troisième trimestre (contre -3% sur la même période de 2025), de 4% en Asie-Pacifique (-0,8% sur le même trimestre de l’an dernier). Numéro un incontesté au Brésil grâce à Fiat, Stellantis affiche une marge de 10,5% en Amérique latine (10,8% l’an dernier), de 14,6% en Afrique-Moyen-Orient (13,2% un an plus tôt).
Le hic, c’est que, en terme de ventes, l’Europe est la région la plus importante, et de loin. Avec donc 588 000 véhicules sur le trimestre, contre 377 000 ventes en Amérique du nord (-47 000 sur un an), 251 000 en Amérique latine (-1 000), 95 000 en Afrique-Moyen -Orient (-33 000) et 16 000 à peine en Asie-Pacifique (chiffre stable).
Stellantis a en tous cas une certaine latitude pour améliorer ses résultats ! Le consortium avait en effet passé des charges exceptionnelles d'environ… 22 milliards d'euros dans ses résultats du second semestre 2025 ! Il est certes de bonne guerre pour un nouveau patron, en l’occurrence Antonio Filosa, de charger la barque du précédent, Carlos Tavares. Un classique. Il n’empêche. Les sommes avancées étaient colossales !
11,3 milliards de valorisation à peine
Les perspectives financières pour 2026 ont été au moins confirmées ce mercredi par Antonio Filosa, qui envisage toujours une petite marge opérationnelle, non chiffrée. Un flux de trésorerie industriel positif est prévu pour… 2027. Cette confirmation a été saluée par le Bourse. Le titre était même en hausse de 5% ce mercredi vers 10 heures 30. La capitalisation boursière n’en est pas moins à des niveaux plancher : 11,3 milliards d’euros à peine. Contre 13 milliards mi-septembre !
Le groupe affiche une valorisation quasiment inférieure de quinze milliards à sa capitalisation en… janvier 2021, au moment de sa création par la fusion entre PSA et FCA (Fiat Chrysler Automobiles) ! Décidément. Stellantis avait même culminé à 78 milliards en avril 2024, du temps où tout semblait réussir à Carlos Tavares, alors chouchou de la Bourse !





