Détournement de marchandises : la filière transport renforce sa vigilance

Détournement de marchandises : la filière transport renforce sa vigilance

Face à des détournements de fret reposant de plus en plus sur l’usurpation d’identité des transporteurs, la vigilance et la vérification des interlocuteurs deviennent essentielles pour sécuriser l’acheminement des marchandises.

© Union TLF

Face à la multiplication des détournements de marchandises reposant sur l’usurpation d’identité de transporteurs, l’Union TLF et plusieurs acteurs du transport routier publient un guide commun de bonnes pratiques. L'objectif est de renforcer les contrôles et sécuriser les opérations réalisées par l’intermédiaire des bourses de fret.

Les détournements de fret ne reposent plus nécessairement sur le vol physique d’un camion ou l’interception d’une cargaison. Les fraudeurs exploitent désormais les échanges numériques et les procédures de mise en relation entre chargeurs et transporteurs pour prendre possession de marchandises sans éveiller immédiatement les soupçons.
Selon l’Union TLF, l’usurpation d’identité d’entreprises de transport constitue aujourd’hui le mode opératoire le plus courant de ces détournements. La méthode consiste notamment à créer une adresse électronique ou un nom de domaine très proche de celui d’un transporteur reconnu. Une simple lettre inversée, un caractère supplémentaire ou une extension modifiée peuvent suffire à tromper la vigilance d'un interlocuteur. Le fraudeur répond alors à une offre de transport publiée sur une bourse de fret en se faisant passer pour un professionnel référencé. Une fois la prestation attribuée, un véhicule se présente au lieu de chargement pour récupérer la marchandise, qui disparaît ensuite du circuit logistique prévu.
Cette méthode met en évidence une vulnérabilité particulière : la fraude intervient en amont du transport, au moment de l'identification du prestataire et de la validation de l'opération. Elle peut ainsi contourner les contrôles habituels lorsque ceux-ci reposent principalement sur les informations communiquées par l'interlocuteur.

Une mobilisation collective des acteurs du transport

Pour répondre à cette menace, l’Union TLF a coordonné l’élaboration d’un guide de bonnes pratiques réunissant plusieurs acteurs de la chaîne logistique. Cette initiative associe notamment quatre grandes bourses de fret, B2Pweb, Teleroute, Timocom et Trans.eu, ainsi que les organisations professionnelles FNTR et OTRE.
L’Association des Utilisateurs de Transport de Fret (AUTF), la Confédération des Grossistes de France (CGF) et AM Group, spécialiste de la prévention des risques liés au transport, ont également participé à cette démarche.
L’objectif est de définir un socle commun de précautions applicable aux entreprises qui utilisent les plateformes de mise en relation pour organiser leurs expéditions. Cette mobilisation traduit également la nécessité d’une vigilance partagée entre les différents intervenants, depuis le donneur d’ordre jusqu’au transporteur chargé de l’acheminement.

Des vérifications adaptées à chaque opération

Ce guide entend fournir aux professionnels des recommandations directement applicables dans leurs activités quotidiennes. Il distingue notamment les niveaux de vigilance à adopter selon le canal utilisé pour proposer ou attribuer une prestation de transport. Les bonnes pratiques qui y sont présentées concernent les différentes étapes de l’opération, avec une attention particulière portée à la vérification de l’identité des interlocuteurs et à la sécurisation des échanges. L’enjeu est de limiter les possibilités d’usurpation avant même que le véhicule ne se présente au chargement. Pour les entreprises, ces précautions impliquent d’intégrer la prévention des fraudes dans les procédures habituelles d’exploitation, sans attendre qu’une anomalie apparaisse lors de l’enlèvement ou de la livraison.

Des conséquences potentiellement lourdes pour les entreprises

Au-delà de la disparition des marchandises, ces détournements peuvent entraîner des conséquences financières et commerciales importantes pour les entreprises concernées. Ils soulèvent également la question de la fiabilité des échanges entre les différents maillons de la chaîne logistique. Christophe Pignard, président de la commission sûreté route de l’Union TLF, insiste sur la dimension collective de cette menace : « Le détournement de fret ne se joue plus seulement sur le quai. Nous faisons face à des réseaux organisés, qui exploitent les failles d’une chaîne où chacun travaille vite et fait confiance à ses interlocuteurs. » Le responsable rappelle également que quelques minutes consacrées aux vérifications peuvent éviter des pertes susceptibles de mettre en difficulté la pérennité de certaines entreprises.

Avec ce guide, les organisations participantes cherchent donc à généraliser les réflexes de prévention et à renforcer la sécurité des opérations réalisées via les bourses de fret. Le document est disponible en téléchargement sur le site de l’Union TLF et destiné à être diffusé largement auprès des transporteurs, chargeurs et autres professionnels concernés.

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