
Dacia, en manque de voitures électriques, attend avec impatience la Spring 2.
© Recom Paris / Dacia Design
Les statistiques de septembre laissent apparaître un lien net – mais avec quelques exceptions – entre pourcentage de wattures dans les ventes et performance commerciale globale des constructeurs. Pour vendre, il faut avoir toujours plus des modèles électriques dans son catalogue.
La très bonne tenue du marché au cours du mois dernier (les immatriculations ont progressé de 12%) est clairement imputable aux achats de modèles électriques. La preuve : les marques les plus en forme sont celles qui comptent dans leurs ventes la plus forte proportion de ces modèles qui pèsent 42 % des immatriculations françaises.
Renault qui progresse de 22 % compte 53 % d’EV dans ses ventes, Kia (+62%) en dénombre 68 % alors que la période faste que traversent Fiat, Volvo et, dans une moindre mesure Citroën, confirment ce parallèle. Sans parler de Tesla qui bondit de 72 % sans diffuser le moindre véhicule thermique. Même si aucun constructeur d’envergure n’a fait l’impasse sur l’électrique, les locomotives du marché sont peu nombreuses. A trois, Renault, Tesla et Peugeot pèsent 48 % de la diffusion des électriques.
A contrario, ceux qui ont pris du retard éprouvent des difficultés à suivre le rythme. Pendant que Renault peine à produire en nombre suffisant ses R5, Twingo et Scénic à batterie, Dacia paie au prix fort son absence de proposition convaincante dans ce domaine. La marque roumaine qui ne vend 4 % de VE accuse un recul de 14 %. Ses motorisations hybrides sont également à la peine. Autre exemple frappant : Toyota. Les immatriculations du numéro un mondial, qui fléchissent de 5 % en septembre, souffrent de l’insuffisance de son offre électrique qui ne dépasse pas 8 % de sa diffusion (seulement 672 véhicules le mois dernier) selon AAA Data.
Cependant, une forte proportion de voitures électriques dans les ventes ne constitue pas à coup sûr une martingale. Honda qui n’a vendu qu’un seul véhicule à batterie le mois dernier progresse de 24 %. Certaines marques disposant d’une solide gamme de 'wattures' (Volkswagen, BMW, Mercedes, Peugeot notamment) patinent à cause de l’impossibilité de maintenir à flot leurs ventes de thermiques dont certains ont été retirés du catalogue. Sans oublier les pénuries de batteries. Encore très présent sur cette niche, Mercedes pâtit tout particulièrement de la dégringolade du diesel.
Les multiples nouveautés électriques attendues dans les prochains mois vont permettre à nombre de constructeurs de rattraper le temps perdu. On peut ainsi envisager que l’ID.Polo remette d’aplomb les ventes de Volkswagen. En revanche, ceux qui ne pourront pas rapidement disposer de modèles à batterie vont trouver le temps bien long.
Enfin, notons qu’il est possible de performer de façon spectaculaire sans pour autant occuper les premières marches du podium de l’électrique, surtout si l’on est un constructeur chinois. En septembre, BYD qui ne vend que 28 % de véhicules à batterie (douze points en-dessous de la moyenne) a vu ses immatriculations bondir de 276 % grâce au succès de ses hybrides. Une sorte de poire pour la soif en attendant l’arrivée de ses EV fabriqués en Hongrie.





