
Référencement, mutualisation des stocks, pricing dynamique… les opérateurs accompagnent le développement du marché des pièces de carrosserie de réemploi
Face aux exigences des carrossiers en matière de pièces d’occasion, les fournisseurs ajustent leurs services pour répondre aux besoins d’identification, de qualité et de disponibilité. Ces solutions visent à soutenir le recours à la PRE, déjà présente dans plus de 20 % des rapports d’expertise.
Dans un contexte marqué par l’inflation du prix des pièces neuves, le secteur de la réparation-collision joue la carte de la pièce de réemploi. Cette accélération soutenue par les experts et les assureurs, conduit les principaux réseaux de centres VHU à ajuster leur stratégie. « Il faut lever les freins des carrossiers, et développer des solutions à travers des outils pour éditer des doubles devis par exemple, à partir de pièces neuves et de PRE », explique Nicolas de Gaudemont, directeur de l’offre PIEC d’Indra. Cette approche digitale apparait d’autant plus stratégique, à l’heure où 60% des achats de pièces d’occasion s’effectuent en ligne (contre 20% pour le neuf). Ils justifient notamment, le partenariat entre Indra et la place de marché spécialisée Opisto.
Pour accompagner cette transformation, les opérateurs guident également les déconstructeurs à travers des process de démontage et de commercialisation. A titre d’exemple, le premier indicateur pour le choix d’une pièce de carrosserie concerne le code couleur. « Cette information présente sur le VHU, doit être communiquée aux carrossiers », estime le responsable.
En outre, face à des devis établis sur la base de PRE qui peuvent être supérieurs à une pièce neuve, il est nécessaire de trouver des solutions en amont, de manière à rendre l’élément d’occasion plus avantageux, poursuit Nicolas de Gaudemont.
Enfin, l’accent porte sur la qualité, à travers le polissage des optiques par exemple. « L’enjeu est de répondre à la premiumisation de la PRE, mais aussi aux attentes des carrossiers en matière de rapport qualité-prix, de service et de rapidité de livraison », complète Pierre Largillier, directeur général délégué de Caréco.
La distribution se structure
Cette dynamique impose de renforcer les équipes logistiques pour acheminer en 48 heures, les pièces des centres VHU vers les réparateurs. Du côté de Back2car, celles-ci transitent par les 1200 distributeurs Alliance Automotive Group. Ce modèle de distribution de la PRE, reste inédit sur le marché. Il se complète d’une équipe commerciale dédiée pour accompagner les carrossiers et les distributeurs. Pour les réparateurs, la PRE entre alors dans les objectifs d’achats, aux côtés de l’outillage, de la peinture, et des pièces neuves.
Au sein d’Indra, la stratégie repose sur des accords avec une quinzaine de têtes de réseau. « La perception des réparateurs évolue avec le temps, remarque Nicolas de Gaudemont. Nous devons nous adapter à la nouvelle génération de carrossiers dont les attentes portent sur les avis en ligne, la réactivité des réponses… » Dans le sillage de la labellisation initiée par SRA, Indra étudie donc la distinction de ses centres VHU.
Un pricing dynamique
Au coeur des stratégies de distribution, la mutualisation des stocks se retrouve aussi, du côté de Caréco. Ses 25 centres VHU devraient s’étoffer autour d’une quarantaine de sites d’ici trois ans. L’opérateur qui a fait évoluer son statut juridique au 1er juin, passant de coopérative à société par actions simplifiée, bénéficie par ailleurs, de l’apport du groupe Autocirc. Son implantation en Suède, alimentant le sourcing en pièces de rechange des véhicules électriques.
En outre, l’intégration de la solution DAT à l’interface du réseau, assure aux carrossiers un accès au référencement constructeur. Des professionnels qui bénéficient à présent, d’un pricing dynamique, associé à la courbe de vie des véhicules. Face aux perspectives d’évolution du marché de la PRE, l’approche des fournisseurs se veut définitivement qualitative.





