
Alain Favey directeur de la marque Peugeot.
© peugeot
MONDIAL DE L'AUTO 2026 - À la veille de l’ouverture du Mondial de l’Auto de Paris, Alain Favey, directeur général de Peugeot, a précisé les ambitions de la marque lors de l’événement « The Night Before », organisé dimanche 11 octobre au Hangar Y de Meudon. Entre héritage industriel, avenir des modèles sportifs et stratégie commerciale, le dirigeant table sur une stabilisation de la demande électrique autour de 40 % en 2027, sans renoncer aux motorisations thermiques.
« Nous formons une équipe de direction globalement assez nouvelle. Antonio Filosa est arrivé il y a peu de temps, Emanuele Cappellano également. Pour ma part, cela fait à peine un an et demi que je suis là, et Xavier Chardon est arrivé encore plus récemment », rappelle le directeur général de Peugeot. Dans une industrie où le développement d’un nouveau véhicule nécessite plusieurs années, cette soirée doit permettre de rendre plus lisibles les ambitions des différentes marques du groupe. « C’est une question qui revient très souvent : est-ce que les marques de Stellantis ne risquent pas de se marcher sur les pieds ? Cette soirée permet justement de démontrer le contraire », souligne Alain Favey, convaincu que chacune doit cultiver sa propre identité.
Le RCZ, symbole d’un rêve automobile accessible
Cette différenciation passe notamment par la valorisation du patrimoine de Peugeot. Pour Alain Favey, cet héritage constitue un avantage face aux nouveaux constructeurs. « Par rapport à certains nouveaux entrants que je ne citerai pas, nous avons une différence fondamentale : nous possédons un héritage, une histoire, un passé qui nous inspire. Il faut absolument capitaliser sur cet héritage. »
Le dirigeant établit également un lien direct entre cette histoire et l’avenir industriel de la marque en France. « Si nous voulons que, dans vingt, trente ou quarante ans, on parle encore de l’héritage de Peugeot des années 2020, il faut continuer à faire vivre cet héritage aujourd’hui. » Il rappelle notamment que les modèles du segment C de Peugeot sont produits en France, à Sochaux et à Mulhouse. Parmi les références mises à l’honneur lors de cette soirée figure le RCZ, un coupé dont la carrière commerciale est restée relativement confidentielle, avec 69 000 exemplaires vendus selon Alain Favey. « Cela n’a jamais été un best-seller. Ce n’était pas une 208 », reconnaît-il.
Mais l’intérêt de ce modèle réside ailleurs. « C’est un modèle qui a fait rêver plusieurs générations. Et surtout, il incarnait un rêve accessible. Ce n’était pas une Ferrari ou une autre voiture de prestige que l’on sait ne jamais pouvoir s’offrir. » Cette philosophie doit inspirer les futures Peugeot. Le concept présenté à Meudon explore notamment de nouvelles technologies, comme les batteries solides ou une architecture électrique de 1 000 volts destinée à accélérer la recharge.
« Ce concept-car constitue, en quelque sorte, un cahier des charges adressé à nos ingénieurs. Nous leur montrons ce que nous voulons que Peugeot devienne », explique Alain Favey. Pour autant, aucune commercialisation n’est annoncée à ce stade. « Quand pourrons-nous le concrétiser entièrement ? Je ne le sais pas. Peut-être dans trois, quatre ou cinq ans. Ce qui est certain, c’est que nous ne nous serions pas permis de présenter un tel concept si nous n’avions aucune idée de la manière dont nous pourrions le réaliser. »
Peugeot prépare 2027 avec une hypothèse électrique autour de 40 %
Sur le plan commercial, Peugeot entend profiter du Mondial pour accompagner une demande actuellement favorable aux véhicules électriques. Des collaborateurs issus du réseau ont été mobilisés sur le stand, tandis que des offres commerciales sont proposées dans les concessions à l’occasion du salon.
Mais Alain Favey ne souhaite pas enfermer Peugeot dans une stratégie exclusivement électrique. « En ce moment, nous misons effectivement sur l’électrique. Mais nous cherchons aussi à continuer à faire vivre les motorisations thermiques. Nous ne pensons pas que l’électrique réponde aux besoins de tous les clients. »
Le dirigeant observe une progression de la demande électrique aussi bien chez les particuliers que sur le marché des entreprises. Il considère néanmoins que les motorisations thermiques conservent leur pertinence pour certains usages. « Même si la demande s’oriente actuellement très clairement vers l’électrique, aussi bien chez les particuliers que sur le marché des entreprises, il faut continuer à rappeler aux clients qu’il existe encore de nombreux usages pour lesquels les motorisations thermiques restent mieux adaptées. »
Cette prudence se retrouve dans les hypothèses retenues pour préparer l'exercice 2027. « Nous tablons sur une stabilisation de la demande de véhicules électriques, à peu près au niveau où elle se situe aujourd’hui », indique Alain Favey.
Interrogé sur une proportion d’environ 40 %, le directeur général confirme cet ordre de grandeur : « Oui, nous restons sur cet ordre de grandeur pour établir nos prévisions. Ensuite, nous essayons naturellement d’optimiser la demande. »
Une hypothèse qui traduit la volonté de Peugeot de conserver une offre multi-énergie, malgré la forte progression récente des immatriculations électriques. « Ce n’est pas facile de préparer un budget dans des conditions qui évoluent aussi rapidement. Mais nous en avons vu d’autres ! », conclut Alain Favey.





