Du Mondial de l’Auto à l’accord franco-allemand, une semaine décisive pour les constructeurs européens

Du Mondial de l’Auto à l’accord franco-allemand, une semaine décisive pour les constructeurs européens

Annoncé en marge du Mondial de l’Auto, l’accord franco-allemand redonne du temps et une marge de manœuvre financière aux constructeurs européens, pour gérer la transition vers l’électrique.

© Mathieu Peletier & Louis Westerloppe

Le Mondial de l’Auto a confirmé les ambitions des constructeurs chinois en Europe. Face à cette réalité, l’accord franco-allemand redonne de l'oxygène aux legacy européens. Il s'ajoute aux quotas entourant l’importation de véhicules hybrides fabriqués en Chine. Mais ce gain de temps, à l'heure où ces nouveaux entrants gagnent des parts de marché, présente aussi ses limites structurelles.

Le Mondial de l'Auto a rappelé que l'automobile déplace encore les foules. A cette occasion, les constructeurs européens ont joué la carte de l’héritage face à la technologie chinoise. Les legacy, en particulier français, misant sur leur histoire et leur réseau de distribution pour contrer les ambitions des firmes emmenées par BYD, XPeng, Li Auto ou encore Lynk & Co.

En parlant d’un temps que les moins de vingt ans n’ont pas connu, Peugeot, Citroën ou encore Renault et Alpine, créent de l’émotion auprès des acheteurs dont l’âge moyen en France est de 54 ans, contre 35 ans en Chine. Mais cette stratégie présente aussi le risque de se détacher de la génération Z, les acheteurs de demain, davantage attirée par les nouvelles technologies embarquées que le style revisité de la R8 Gordini, ou de la Peugeot RCZ.

Les ambitions affirmées des constructeurs chinois

Pour autant, force est de reconnaitre que le concept-car de la Citroën 2CV fait figure de coup de cœur de cette édition. Reste à procéder à quelques ajustements techniques et règlementaires liés à l’absence d’appui-tête, ou de poignées de porte sans doute non conformes aujourd’hui. Et surtout à patienter jusqu’en 2028, en espérant que le soufflet commercial ne soit pas retombé d’ici là.

Dans ce contexte, le Mondial de l’Auto a rappelé les ambitions des constructeurs chinois, dont la qualité de finition de certaines marques et modèles, peut légitimement alimenter l’inquiétude des firmes européennes, au regard aussi de leur rapport prix-équipement.

Un accord synonyme de tournant tactique

Face à cette nouvelle réalité, l’accord franco-allemand arrive à point nommée. Car si les legacy regardent dans le rétroviseur, leurs concurrents chinois ont fait de la transition technologique et énergétique un véritable atout. Avec 8% de parts de marché dans l’Hexagone, et jusqu’à 20% au Royaume-Unis, la menace chinoise se précise, et s’accélère.

Aussi, l’accord européen négocié entre Paris et Berlin, marque un tournant tactique. Pour la filière européenne, il redistribue en partie les cartes. Ce répit face à l’interdiction initiale des modèles thermiques neufs en 2035, avec un seuil d’émissions polluante abaissé à 90%, redonne en effet du temps et des marges de manœuvre financière aux constructeurs du Vieux-Continent.

Redonner du temps aux constructeurs européens

Rappelons que les motorisations thermiques et hybrides représentent une source de marges pour les industriels européens confrontés à de lourdes pertes, à l’image de Volkswagen et de Stellantis. En préservant dans une certaine mesure ces technologies et la rentabilité associée, l’accord permettra de financer les investissements nécessaires au développement des modèles électriques. 

En parallèle, les subventions à l’achat conditionnées au contenu local « made in Europe », vise à soutenir le démarrage poussif des gigafactories, à l’image d’ACC. De fait, ce bouclier politique redonne de l’oxygène aux constructeurs européens, notamment généralistes. Avec l’objectif de développer des modèles électriques compétitifs, inférieurs à 20 000 euros, à même de contrer les marques chinoises. Mais le temps est compté…

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