Interview

Interview – Le fleeter holson imagine le futur du métier de gestionnaire de flotte automobile en 2026

Interview – Le fleeter holson imagine le futur du métier de gestionnaire de flotte automobile en 2026

Philippe Ambon, directeur du développement d’holson, entreprise qui célébrera ces dix années d’expertise dans le secteur de l’accompagnement des flottes automobiles en 2026.

© holson

Alors que 2025 a tiré sa révérence, laissant place à 2026, Philippe Ambon revient pour nous sur l’année écoulée. Le directeur du développement d’holson, qui célébrera ces dix années d’expertise dans le secteur de l’accompagnement des flottes automobiles, envisage également les 365 jours à venir avec optimisme pour ses clients professionnels. Même si ceux-ci seront également intenses.

L’Automobile & L’Entreprise : Comment résumeriez-vous l’année 2025 pour holson ?

Philippe Ambon : Fondé en 2016, holson entre dans sa 10ème année d’existence. Pour l’entreprise, l’année 2025 s’est inscrite comme une année charnière marquée par une croissance de notre activité de fleet management avec une flotte en gestion atteignant désormais 15 000 véhicules grâce à deux grands groupes, acteurs référents sur le marché, qui nous ont fait confiance. En 2025, nous avons aussi fêté l’arrivée de notre 50ème salarié. Une fierté démontrant le succès de notre activité qui permet à nos équipes de s'étoffer, mais surtout de créer des emplois en France, toujours en CDI.

Enfin, holson qui fait partie des 500 entreprises françaises labellisées B Corp, s’est vu renouveler pour trois nouvelles années sa certification. Elle est très importante pour nous car elle matérialise la raison d’être d’holson : accompagner la transition énergétique. Cette année, nous avons également renforcé le développement de notre activité de conseil puisque nous avons signé environ 25 missions, allant de PME avec 40 voitures à des groupes du CAC 40. Afin de gagner en visibilité et démontrer notre expertise, nous avons aussi animé de nombreuses de tables rondes et webinars en 2025, portant notamment sur la fiscalité nous apportant une notoriété auprès des communautés RH ou encore de celles liées à la finance.

A&E : Comment jugez-vous le métier de gestionnaire de flotte à l’heure actuelle ? Et à quelles difficultés se trouvent-ils confrontés ?

P.A : C'est un métier passionnant et qui peut être scindé en deux parties. La première se situe dans l'exécution, elle est surtout opérationnelle. En somme, elle consiste à s'occuper des tâches administratives telles que la gestion des cartes carburant, la commande de véhicules, la gestion des infractions et des fournisseurs et cela tout en gérant les conducteurs. Le gestionnaire est le point d'entrée de toute la bobologie et des interrogations que peuvent avoir les conducteurs. Nous constatons que de plus en plus d'entreprises considèrent que cette activité n'est pas leur cœur de métier, ce qui explique probablement une tendance de fond sur l'externalisation de plus en plus fréquente afin de déléguer ces tâches.

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La seconde partie gravite autour du pilotage du parc automobile, activité stratégique qui s'est très fortement complexifiée au fil des années. Une complexification qui s'est faite au gré des changements de fiscalité autant que du fait de l'arrivée du véhicule électrique. La transition énergétique induit un problème de gouvernance d'entreprises parce que ce sujet est d'abord un sujet de conduite du changement. Conduite du changement qui nécessite de comprendre les métiers des uns et des autres pour pouvoir aussi bien parler budget, CAPEX, RSE ou passer en comité CSE pour expliquer le projet. Par conséquent, il y a une poly-expertise à avoir que l’on ne trouve pas forcément en interne dans les entreprises que nous rencontrons. De nombreuses entreprises sous-estiment la complexité du chantier pour autant la flotte représente généralement le premier ou deuxième poste Achats indirects des entreprises et justifierait d’y investir l’énergie et les moyens adaptés.

A&E : Quels outils ou quelles solutions peuvent être mis en place pour faciliter la vie des gestionnaires ?

P.A : L’essentiel est d’acquérir un bagage dans tous ces champs de compétences et d'expertise qui viennent d'être évoqués. De fait, chez holson, nous intervenons avec de la formation et distribuons un logiciel de gestion. Ce binôme permet de structurer l’approche opérationnelle et d'accompagner le pilotage du parc.

De nos jours, il faut savoir automatiser un certain nombre d’éléments de moindre valeur et parallèlement, décloisonner certains traitements sensibles comme celui des infractions au Code de la route et la conformité avec la RGPD, afin de gagner en productivité. Ce que veulent aujourd'hui les gestionnaires, c'est plus de simplicité, en témoigne une accélération des capacités des logiciels de gestion de flotte actuellement. L'autre point qui est intéressant, c'est qu’il existe aujourd'hui des plateformes qui permettent de collecter des données télématiques, mais multi-constructeurs. Un outil de gestion qui gère l’exhaustivité de la data.

A&E : D'ailleurs, en parlant data et d’outils digitaux, pensez-vous que l'IA prendra le pas sur la télématique ?

P.A : Je pense qu’il ne faut pas choisir entre les deux technologies. Choisir serait une erreur car le développement de l’IA va permettre de résoudre une partie des tâches à moindre valeur. L'IA va aussi permettre d'aller repérer plus facilement des anomalies, par exemple de remontée de données carburant, de fonctionnement, etc. L'IA va donc aller de plus en plus loin dans la capacité de détection et de réponse. En revanche, elle posera des questions mais une personne devra toujours répondre et être capable de piloter.

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A&E : Quels conseils donneriez-vous aux gestionnaires de flotte ?

P. A : Je leur conseille « d’élargir un peu les épaules » pour devenir chef d'orchestre plutôt que simple exécutant. Ils doivent devenir polyvalents, poly-experts et ce, en se formant. Le gestionnaire pilote n’est pas celui qui aime l’automobile mais celui qui maîtrise son métier, mais aussi celui des métiers qui gravitent autour de lui (Finance, achats, Paie, RH, RSE, etc.) et qui s’inscrivent dans la stratégie de l’entreprise.

A&E : Quel avenir imaginez-vous pour les gestionnaires de flotte alors que 2026 vient de débuter ? Êtes-vous optimiste ?

P.A : Je ne pense pas qu'il y aura de révolution en 2026. L'horizon, selon moi, est plutôt à 5 ou 10 ans. Pour cause : en l'absence d'une Loi de finances, on va reproduire le schéma qui était déjà voté. Il n’y a donc aucun changement pour les gestionnaires, les contraintes seront donc les mêmes qu’en 2025. Par contre, à l'horizon d’une décennie, je pense que nous allons assister à des choses importantes notamment une accélération de la digitalisation. Il risque donc d’y avoir un fossé de plus en plus grand entre les entreprises équipées d'un outil et celles qui n'en ont pas. Je pense que nous nous dirigeons vers la « plateformisation » de la gestion de notre métier. Demain, il y aura ainsi une convergence des métiers et nous aurons de plus en plus de gestionnaires de solutions, voiture ou non voiture.

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À l’échelle d’holson, nous allons travailler sur la partie prévention du risque routier avec un acteur partenaire pour relancer, dès janvier, une communication sur cette thématique. En ce moment, nous œuvrons aussi à la mise en place d'un chatbot interne pour que, quand nous avons un conducteur au téléphone, nous disposions tout de suite d’information sur son véhicule et les prestataires référencés pour son véhicule afin d’apporter des réponses plus rapides. Un usage interne qui pourrait, à terme, être décliné pour l’externe. Enfin, notre principal objectif cette année, c'est de continuer à accompagner la croissance de notre activité fleet, en espérant devenir le troisième acteur du marché en 2026.

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