
Face à la hausse continue du coût des réparations automobiles, SRA accélère son engagement en faveur des pièces de réemploi. À l'occasion d'Inside IARD 2026, l'association a présenté les grandes lignes d'un futur « Label Recycleur Vertueux », destiné à harmoniser les pratiques du marché et à renforcer la confiance des assureurs comme des réparateurs.
Le développement de la pièce de réemploi n'est plus seulement un sujet environnemental. Il devient un enjeu économique majeur pour l'ensemble de la filière de la réparation-collision. C'est le message porté par SRA lors du salon Inside IARD 2026 organisé par L'Argus de l'assurance, où l'organisme a réuni autour de la table le recycleur GPA et l'assureur Macif afin d'échanger sur les conditions d'un déploiement à grande échelle.
Le contexte explique cette accélération. Selon SRA, le coût moyen des réparations automobiles poursuit sa progression avec une hausse de 3,5 % au deuxième trimestre 2026 par rapport à la même période de l'an dernier et de 4,1 % sur douze mois glissants. Cette évolution est principalement alimentée par l'augmentation du prix des pièces (+3,6 %), de la main-d'œuvre (+3,3 %) et des ingrédients peinture (+3,8 %).
En parallèle, le panier de pièces suivi par SRA continue lui aussi de progresser. Au deuxième trimestre, le coût du panier augmente de 4,1 % sur un an, confirmant une tendance inflationniste qui pèse directement sur les coûts d'indemnisation des assureurs.
Construire un marché plus mature
Pour SRA, le recours aux pièces issues de véhicules hors d'usage constitue désormais l'un des principaux leviers pour contenir cette inflation. Encore faut-il lever les réticences qui subsistent autour de leur qualité, de leur disponibilité et de leur traçabilité. L'organisme souhaite donc structurer davantage la filière à travers la création d'un Label Recycleur Vertueux. Ce référentiel doit définir des critères communs portant notamment sur l'état des pièces, leur durée de vie résiduelle, leurs conditions de garantie ainsi que leurs modalités de livraison. L'objectif est également de valoriser les centres VHU engagés dans une démarche qualitative et de faciliter leur référencement par les assureurs dans leurs politiques de réparation.
Pour SRA, l'absence de standards partagés constitue aujourd'hui l'un des principaux freins à une généralisation des PRE dans les ateliers de carrosserie.
Au-delà des recycleurs, SRA estime que les assureurs disposent d'un véritable levier d'accélération. L'intégration des PRE dans les stratégies d'indemnisation, leur promotion auprès des réseaux de réparateurs ou encore leur valorisation dans les contrats d'assurance figurent parmi les pistes évoquées lors de la table ronde.
Les pouvoirs publics sont également invités à soutenir davantage les filières de recyclage afin d'accompagner cette montée en puissance, qui répond à la fois à des enjeux économiques et environnementaux. La filière automobile représente environ 10 % des émissions françaises de CO2, rappelle SRA.
Les chiffres publiés par SRA montrent d'ailleurs que le mouvement est déjà enclenché. Au deuxième trimestre 2026, 22,3 % des réparations comprennent au moins une pièce de réemploi, contre seulement 13,5 % en 2023. Les PRE représentent désormais 6,6 % des pièces remplacées, une proportion qui atteint 9,3 % pour les véhicules de cinq ans et plus.
Cette progression confirme que les professionnels s'approprient progressivement cette solution, même si les marges de développement restent importantes.
Le défi des véhicules électrifiés
La montée en puissance des véhicules électriques et hybrides ouvre également un nouveau chantier pour la filière. Batteries haute tension, composants électroniques et systèmes embarqués nécessitent des compétences spécifiques ainsi que de nouvelles procédures de contrôle avant de pouvoir intégrer les circuits du réemploi.
Pour SRA, cette évolution passera par une montée en compétences des réparateurs, mais aussi par une coopération plus étroite entre constructeurs, recycleurs et assureurs afin de sécuriser l'utilisation de ces composants.
Avec son futur label, l'organisme entend ainsi poser les bases d'un cadre commun capable d'accompagner l'industrialisation des pièces de réemploi. Une évolution qui pourrait contribuer à contenir durablement la hausse du coût des réparations tout en répondant aux objectifs de décarbonation de la filière automobile.





